C'est arrivé le week end dernier, on se serait cru un vendredi 13, le genre de cumul d'étourderies typiques qui vous fourre dans des situations à sueur froide..
1) Le bus qui ne passa jamais devant la Padaria**
** Padaria, traduction littérale "boulangerie", trés usité par les novices de la langue brésilienne dont le premier ami en terre du Tanga s'appelle Assimil. "Où est la boulangerie ?" " Onde é a Padaria ?". Roberto de alveira lopes dirait " Onngé ééé a Padaalia poww favouww ?" . Donc sorte de boulangerie où l'on vend également de quoi recoller le vieux papier peint donc finalement cela équivaut plutot à une épicerie genre Bricorama-fauchon..
Reprenons donc le fil de notre histoire, il faut savoir qu'ici le réseau des bus est assez efficace, un trajet d'une 20e de km peut être effectuer en 20 minutes montre en main. Les bus fonctionnent par numéro et par couleur et ne s'arrêtent pas pour laisser descendre les passagers : il faut littéralement sauter du bus pour tenter d'atterir à peu près où l'on veut sur le trottoir... ( à peu de chose près, je me revoyais dans la peau d'Odile Deray - DE-RAY ). Donc le week end dernier, j'ai pris le bus devant une padaria dans le quartier où j'habite, à Buritis, pour me diriger dans le coeur de la ville où réside une grande partie de mes amis français,à Savassi. A l'aller rien à signaler, je saute au bon endroit et rencontre comme convenu mes potos autour d'une bonne douzaine de pao de queijo ( la boule de fromage.. qui suinte le beurre ).
Le retour a été un peu plus épique : je cours pour monter au bon endroit direction Buritis, et après une bonne 15e de minutes, le temps réglementaire, toujours pas de padaria. Il est vrai qu'on a été ralenti par un vieil homme avec une canne qui voulait monter donc pas d'inquiétude outre mesure.. jusqu'à arriver au terminus, dans un quartier à architecture assez moderne, de la taule,des briques et des gangs.. Si je suis ici aujourd'hui... c'est bel et bien grâce à Matheus, le vendeur de tickets du bus, une 30 e d'année, la bedaine bien pleine de bière et le cheveux frisé qui m'a pris sous sa coupe, m'a donné un chewing-gum et m'a indiqué comment reprendre le bus dans l'autre sens.. ça n'a duré qu'une bonne heure mais j'ai pris des rides de stress sous les yeux.. et encore une bonne raison d'obtenir mon permis de conduire un jour..
2) Tout ça pour une mauvaise ampoule ou l'hôpital public brésilien
Après un bon déjeuner du dimanche qui vous blinde pour le mois, Yanet** et moi avons décidé de prendre nos tongs à notre cou et de marcher en direction de la Praça de Papa une superbe place qui offre un panorama exquis sur la ville ( il fera l'objet d'un autre récit.. ). Le brésilien de Belo Horizonte n'aime pas marcher, il prends sa voiture pour descendre ses poubelles..( je plaisante ) mais nous nous devions de digérer et nous sommes engagées dans une marche de plus d'une heure jusqu'au Panorama ( 3000m- 5m de dénivelé- des tongs en plastoc) et durant cette marche, j'ai contracté une ampoule qui s'est averré être un vrai calvaire pour mon entrainement de running.. il a donc fallu agir rapidement et envisager une opération anti chaussures trop serrées ou ongle qui aurait mal tourné!
Ici les médecins sont dans les hôpitaux, nous sommes donc allées avec une infirmière tante d'une amie de la cousine de la grand mère de Luana.. ( juste une amie ) dans un hôpital public où elle avait un ami médecin..
Dans ce genre de structure les soins sont entièrement gratuits mais les locaux insalubres, les infrastructures vieilles de mille ans et le temps d'attente inestimable. Luana me disait que là résidait la véritable fracture entre Brésil développé que nous cottoyons tous les jours et Brésil délaissé par un Etat corrompu. Le systême scolaire est lui aussi trés inégal n'offrant de structures adéquates qu'aux gens étant capable de payer trés cher leurs études et ce dès la maternelle.. L'étranger fait prendre du recul sur les structures économiques de son propre pays.. et quand j'étais dans cet hôpital, j'étais encore plus persuadée que le systême public, c'est de l'or en barre mec !

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