lundi 28 septembre 2009

SP ou l'anti-mythe du Sapeur Pompier






Il n'est pas rare d'avoir l'occasion de 
se rendre à Sao Paulo lorsqu'on est un travailleur acharné au Brésil.. Sao Paulo est LA fourmilière du Brésil, la capitale économique reléguant Brasilia à Nouillorc, la ville qu'on croit d'envergure mondiale mais qui se révèle être une bourgade... une grande  ville parsemée de bâtiments administratifs aux rues désertes.. 

La Fundaçao dom Cabral où je travaille a une antenne à Sao Paulo mais je ne m'y suis pas rendue dans cet intérêt.. un ami d' Euromed faisant son échange universitaire à Sao Paulo m'a dit.. " 26 septembre, Seu Jorge_ bel homme au look surranné, peau chocolatée, baggy et cheveux crepus sous un panama troué et à la voix incroyable_  en concert.." j'ai dit banco !

Il m'aura fallu un week end entier pour avoir un bref aperçu de Sao Paulo**. A écouter le Paulisto _ l'habitant de Sao Paulo_ la ville change de visage le week end : la ville grouillante d'hommes et de femmes d'affaires en costume et tailleurs taille basse au traffic incontrôlable devient une ville aux rues parsemées de badauts en short et havaianas déambulant lentement dans des avenues quasiment désertes. Le Paolisto est intelligent, grand et galant, mais mou.. rien à voir avec le Carioca dont le soucis principal est l'allure corporelle et occupe la majeure partie de son hippocampe... autant vous dire, quelle déception  : le Paolisto est L'ANTI-MYTHE du sapeur pompier !

La ville comporte une grande artère, l'avenida Paulista, où je logeais chez Johan, le long de laquelle s'organise plusieurs quartiers. Celui de jardins, où l'on trouve de grands magasins luxueux donnant l'impression de se balader dans le Greenwich Village New Yorkais. En remontant un peu plus au nord, on accède au centre _ le "Centro" pas vraiment au centre géographiquement mais là où l'on trouvera le Mercato Municipal et la Praça da Sé. L'escale au Mercato Municipal_ ce grand marché couvert au mélange d'odeurs un peu écoeurant après une bonne choucroute _ a été l'étape gastronomique du week end.. le long des étales où s'amassent les promeneurs du samedi, on trouve des sandwich d'un mètre de large contenant 10 tranches de mortadelles, des coupes de fraises au chocolat et chantilly.. autant vous dire qu'en ressortant.. on ne passe plus à deux dans la porte d'entrée ! 

La Praça da Sé est aussi trés connue dans l'imaginaire étranger, une grande allée pavée bordée de palmiers au fond de laquelle siège la plus grande cathédrale gothique de la ville.. Dans cette allée notamment, on peut faire du karaoké, acheter des horreurs à stocker dans sa vitrine poussiéreuse et faire du skate torse nu..

Enfin Le quartier de Vila Madalena, un quartier vivant essentiellement à partir de 18h et trés assimilable à Belo Horizonte : une enfilade de bars où les supporters des équipes de foot de Sao Paulo viennent se bastonner et vider des fûts..

La perle du week end, ce fut Seu Jorge en concert dans le quartier de Moema, une grande salle de concert où la fosse est bien plus conviviale que les tribunes.. et Ton Jorge.. quelle voix.. "Pretinha" !

** Sao paulo, 18 millions d'habitants, des favelas releguées en périphéries donnant une impression de grande capitale assez sûre, première ville d'émigration japonaise et italienne devant les Etats Unis.. autant vous dire.. une semaine sur deux c'est sushi margarita - pâtes au saumon façon Osaka..

C'est infernal, ça jazz ici.. j'ai les oreilles qui sifflent !










Le premier week end de Septembre, un jour seulement après les "Uai Folia" me voilà dans l'auto pour Ouro Preto* et son festival de jazz...

"mais c'est un programme de vioc' ma parole !
- non jacky, ton papa et moi on aime beaucoup..."

* Cette petite ville coloniale que je n'avais visitée qu'à mon arrivée dans un froid polaire sous un crachin breton m'est apparue sous un autre jour : du soleil, des dreadlocks, des chiens de traîneaux et des familles.. tout le monde réunit pour assister à ce festival de jazz annuel " Tudo é jazz" qui avait pour thème principal cette année "la France".

Lors de ce festival, il y a eu des fanfarres dans la rue, des quartet ennivrants et un bon nombre de groupes français, brésiliens, américains venus jouer pour le plus grand plaisir des amateurs de ces airs lounge, manouch, sambaisés... il y a eu du swing !

Contrairement à ce que l'on pourrait penser d'Ouro Preto.. "rolala ça sent la ville poussière à 12 km", 70% de sa population est étudiante à l' UFOP, Universidade Federal de Ouro Preto. Cette université mets à disposition de ces étudiants des grandes collocations publiques où les étudiants vivent à 10 ou 12.. de grandes maisons mises à disposition des visiteurs entre 20 et 30 ans désirant venir à Ouro Preto profiter des soirées cachàça et samba dans les rues.. 
Le carnaval est parait-il à Ouro Preto, inoublurp-iable !

Bah-ia carnaval ici.. de la foliaaa !


Les "Uai Folia".. c'était le premier week end de septembre.. exactement 6 mois avant le vrai carnaval.. tout d'un carnaval, l'ambiance " bouge tes hanches devant derrière, salsa, hip and hop reviens "...

Le principe de cette fête est de revivre ou de préparer le carnaval Bahianos à Belo Horizonte, il a eu lieu dans un endroit dédié aux fêtes de cette ampleur... 3000 personnes vêtue d'une guenille en forme de t-shirt reflêtant l'endroit où l'on va passer la soirée, dans des "camarotes"_ aisément traduisible par espace VIP, juste un endroit où l'on doit gravir une montagne de marches et où l'on est pas tant pris aux tripes _ ou sur la "pista", le coeur de la fête ! Comme le carnaval de Bahia, les artistes de Axe tels que "Chewing gum à la banane", Ivete, Asa jouent sur un camion qui défile en plein air à travers la foule.. un petit coté gay pride sans les plaquettes d'abdos des gogos... 

Dans ce genre de fête, il y a une rêgle :" tends l'oreille pour l'axé et lâche toi, car ce soir c'est rentabilité !" embrassades et embrassades.. sans retenue même si quelques fûts de bière ne sont jamais de refus pour désinhiber les foules... une sacré partie de rigolade, et un aperçu trés pédagogue sur le vrai carnaval bahianos de févreiroooo

vendredi 18 septembre 2009

Ici c'est pas johnny, c'est Ivete..



J'y pensai depuis longtemps, c'était dans ma liste sous "apprendre à cuisiner la feijoada": faire un top 10 des chanteurs les plus écoutés au Brésil.

Il y a les piliers et les nouveaux.. une dizaine de type de musique avec des noms à consonnance brésilienne.. Pagode, Axe ( prononcé "aché"), Certanejo ( genre chanteurs de la star ac', toujours deux hommes, d'une 20e d'année environ et toujours avec des appareils dentaires ), Samba, Samba rock, Funk de Rio et bien d'autres...
Ivete Sangalo, c'est la chanteuse d' Axe la plus connue ici, elle est enceinte en ce moment donc je ne sais pas si j'ai envie de la voir... les seuls commentaires que j'ai entendu ici sont.. "mais elle est méconnaissable, elle a pris 30 kg.." alors à moins que ça ait été un coton tige, là elle doit plus pouvoir se déplacer.. "Axe" c'est un type de musique de Bahia, joué surtout pendant le carnaval.. trés rythmé avec des paroles de la profondeur d'un pédiluve mais quand on ne comprend pas les paroles.. ça nous prend aux tripes et on danse jusqu'à devenir cudjate ! Ivete est tellement connu qu'elle a déjà donné plusieurs concert au Maracanha, le stade de foot de Rio pouvant accueillir le double de participants du stade de France. 
Il y a aussi "Chicletes com banana" qui signifie "chewing gum à la banane", l'un des groupes d'axe bahianos les plus connus du Brésil.. 
Et puis vient la Samba avec Jorge Benjor, celui qui a écrit " meu pais é tropical" et qui est un des pères de la samba, on l'écoute agréablement lorsqu'on court 5km autour d'un lac.
La Samba Rock avec l'une de mes révélations, Seu Jorge, il donne un concert auquel j'assisterai à Sao Paulo le 26 septembre. Il a une histoire assez particulière puisqu'il ramassait des cartons dans la rue avant d'être repéré pour écrire et sortir un album.. un exemple de persévérance ici..
Et puis il y a Marcelo D2, une musique un peu rapée mais c'est mon coté Marseille ça...
Enfin le certanejo, Luana en est fan.. j'ai été à plusieurs concerts avec elle, c'est vrai que c'est séduisant mais je pense que ça l'est encore plus pour les brésiliens.. puisqu'à chaque fois tout le monde chantait en feignant d'avoir un micro dans les mains.. c'est un peu notre "conemara"...
Alors pour remplir sa discothèque i tunes de soleil, je vous recommande de télécharger :
Ivete- A Festa/deixo/nao vou ficar
Jorge Benjor - Pais tropical/Por causa de você menina
Chicletes com Banana - au choix.. elles sont toutes bacanaaaaa !
Seu Jorge - Tive razao/ Burghesinha /Mina do condominio / Pessoal particular
Marcelo D2- Desabafo
Jao Bosco e vinicius - Chora me liga

Prends ta lampe torche et cours..


On l'avait faite de jour.. mais de nuit.. ça n'a pas le même piquant.. tous de noirs vêtus, une piste de disco à l'arrivée.. On a courru un samedi soir de septembre, la FILA night race..
Une ambiance trés brésilienne : du torse nu et des cheveux jusqu'au pied volants dans le vent.. 
J'ai couru les 5km avec grâce et élégance **, au beau milieu des 5000 personnes présentes pour trottiner autour du lac de pampulha.. à 5000 c'est tout de suite plus convivial.
** effondrement sur la dernière barrière de la ligne d'arrivée qui m'a valu une interview.. " oulalala elle a l'air vraiment dans l'ambiance de la course celle ci, on va l'interviewer"... et dans un portugais impeccable, un peu haletant genre "attends, on passe sous un tunnel, on capte plus là.." mais impeccable j'ai donné mes impressions sur cette course de nuit plutôt atypique.. 
"Quelles sont vos impressions sur la course mademoiselle ?
- Laissez moi passer, il faut que j'aille m'allonger..."
Mon temps, 33 minutes, une minutes de plus sur le même parcours que la dernière fois, il y aurait de quoi s'énerver sur Gigi à l'arrivée de la piste du Critérium.. 
" bah oui jérôme.. t'es mauvais, t'es mauvais..
- oh toi ta gueule la conne.."

"Shi tu vaaaaaas à Rio..." n'oublie pas tes bottes en plastoc' !














Le 7 septembre, c'est l'équivalent de notre 14 juillet français, c'est férié, et ça se fête.. Alors quand on m'a dit " le week end du 7 septembre, c'est le semi marathon de Rio*" moi j'ai pris mes tongs et mes jumelles_ car courir, ce n'était pas envisageable, je travaille trop.. je ne peux pas tout faire.. déso ! _ et j'ai parcouru les 500 km qui séparait Belo Horizonte de Rio de Janeiro pour aller passer un week end en Tsonga* au bord de l'Atlantique!

* 17  000 personnes, 21 km de souffrance, 240 tonnes de muscles, 17 000 paires de fesses silliconnées et un parcours de rêve le long des plages de Leblon, Ipanema et Copacabana..
* le Tsonga, traduction littérale du portugais est un bikini tellement minuscule que ça en devient ridicule.. les naturistes à coté.. on les prendrait presque comme habillés pour le pôle nord.. A ne pas confondre avec  le joueur de tennis français.. "aucun lien fils unique"

Rio est une ville fascinante, aussi étendue que dangereuse, elle abrite l'une des plus grosse Favela du monde, Rossigna où rêgne une telle violence que les cariocas vivent dans la crainte lorsqu'ils passent à son abord. Incroyable aussi, l'océan au pied d'une mégalopole.. plages de sable blanc fascinantes où l'on se repère grace à l'emplacement des postes de secours et au mec torse nu surmusclé là bas... 4e fesses silliconnées à droite.. ( jalousie européenne certainement.. ). La fraîcheur et les vagues de l'Atlantique font de Rio un grand spot de surf et de beach volley_ aie aie aie calliente ! 

Rio héberge aussi l'une des merveilles du monde, le Cristo Redentor perché là haut, sur le Corcovado offrant une vue panoramique éblouissante sur la baie de Rio, l'une des plus belles du monde ! On sue pour y monter _ tellement serrée dans le minibus qui nous dépose au pied de la statue_ mais quel spectacle !

La nuit carioca est aussi une des grandes particularités de la ville, le quartier de "Lapa" ( lapin avec un "a" ) rassemble une foule chaque soir s'amassant dans les bars à samba et autres botecos en tout genre.. on s'y arrête pour prendre une bière entre amis et dégustez des bolhinos de bacalhau ( ces boules de morue frites.. ). Nous on a testé le "Rio Scenarium", l'une des boites de "samba rock" les plus réputées de la ville. Située dans Lapa, on y danse exclusivement la samba et la cachàça y coule à flot.. Trois étages pour nous plonger dans l'ambiance carioca, ce soir là, il y avait beaucoup de Minaero de Belo Horizonte et une ambiance "bouge tes hanches débutant va !" qui nous a conduit jusqu'au bout de la nuit. "tcha tcha tchin tchin" !

Le Carioca, cet habitant de Rio mérite un petit paragraphe, ça vaut le détour caractériel. Il a un accent à couper au couteau qui correspond tout à fait notre imaginaire portugais : " chaurais beshoin d'une chaushette sheshe shil vous plaich".. d'un drôôôle.. L'entretien du corps fait partie de la culture carioca et il n'est pas rare de voir des papi de 80 ans courir le long des plages.. édentés aux cuisses fermes.. enfin une culture de la fête assez invraisemblable.. lors du carnaval les écoles de samba défilent 5 jours durant et " si tu dors, t'es mort !"

Le bémol du week end, c'était le temps british, couvert le samedi et un mauvais crachin le dimanche_ paye ta bretagne _ mais le lundi, quel bonheur ! Passer sa journée à mater les surfers sur la plage de Barra,  en sirotant de l'eau de coco à même la noix, on s'y croirait.. Pour sûr j'y retournerai !

jeudi 3 septembre 2009

Inhotim ou les ficelles de l´Art brésilien..



Tout le monde m´en avait parlé..

Luana et le guide du routard entre autres... et c´est par un bel apres midi d´août brésilien _ on met juste les choses au clair pour justifier la paleur de mon teint : 16 degré, la canicule canadienne quoi.._ qu´on a decidé d´aller se cultiver.. direction INHOTIM** ce musée d´Art contemporain en plein air qui fait la fierté des Minarao ( ceux qui vont dans les mines.. mais non.. les habitants du Minas Gerais ) et rivalise avec l´aura internationale dont jouit Ouro Preto.

Ce musée est unique en son genre de par sa curieuse mise en avant des oeuvres d´Art qui sont toutes expérientielles : en terme moins " déso j´ai fumé un join et je suis partie trop loin" on entre des des bâtiments de béton blanc parsemés dans les jardins pour y expérimenter toutes les oeuvres d´Art. on écoute des coeurs, on entre dans des salles remplies de sel, plongées dans l´obscurité,on traverse des jardins épurés taillés au poil.. on nourrit des oies..

Une oeuvre m´a particulièrement marquée : une salle dans laquelle on est invitée á se placer au centre et autour de nous sont disposés en cercle une 50e d´enceintes retransmettant une chorale.. et lorsqu´on s´approche un peu plus de chaque enceinte, on distingue aisément chacune des voix des choristes..une belle idée!!

** il y a une légende amusante sur le nom de ce musee.. apparament ça date un peu mais bon.. c´est intéressent de savoir !! la région de ce musée appartenait a un grand seigneur appelé Tim et ses esclaves un peu feignasses,pour éviter de l´appeler Monsieur Tim _ traduction portos Senhor Tim_ l´appelait à peu de choses près "m ´sieu Tim" dont la traduction littérale est "Inho- Tim"... et le voilá le jus d´orange !